1967-1970 : l’Etat élabore le premier document de planification à l’échelle de l’aire métropolitaine lyonnaise



Publié dans l'épisode n°15 - La gouvernance métropolitaine le Mercredi 1 janvier 2014.

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Le schéma de l’OREAM

A partir des années 1950, l’Etat va initier une politique nationale d’aménagement du territoire, celle-ci pouvant être considérée comme le volet territorial de la démarche de planification économique du pays mise en place au sortir de la seconde guerre mondiale. Dans ce cadre, l’Etat va exprimer sa volonté de maitriser l’urbanisation accélérée que connait alors la France. En 1964, il lance la politique des « métropoles d’équilibre » qui vise à la fois le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale grâce à l’amélioration de l’environnement spatial des entreprises (aménagement, équipements, infrastructures) et une meilleure répartition de la croissance et du développement économique sur le territoire (inflexion de la centralisation économique parisienne). Comme l’explique le premier épisode, cette politique va donner naissance à la Communauté Urbaine Lyon en 1969. Ce ne sera cependant pas sa seule traduction en région lyonnaise. Parallèlement à l’unification de l’agglomération de Lyon, l’Etat entend également constituer une zone de solidarité entre communes à une échelle plus large. A un moment où les évolutions démographiques et l’étalement urbain non organisé commencent à devenir préoccupants, il s’agit de prévoir à long terme la structure de la région lyonnaise, de définir la localisation des secteurs d’urbanisation, d’activité, des grands équipements.

Pour ce faire, une administration de mission est créée par l’Etat en 1966 : l’Organisation d’Etudes d’Aménagement de l’Aire Métropolitaine de Lyon Saint-Etienne (OREAM). Elle institue l’aire métropolitaine comme cadre d’analyse prospective des effets de l’expansion urbaine : un périmètre réunissant 913 communes et 2 millions d’habitants sur quatre départements (Rhône, Loire, Isère, Ain). En 1968, elle intègre même l’agglomération grenobloise. Sur la base de projections démographiques prolongeant l’exceptionnelle dynamique du baby-boom, les responsables de l’OREAM considèrent en effet qu’à terme Lyon, Saint-Etienne et Grenoble formeront une seule métropole du fait des déplacements internes des ménages et des entreprises et de l’essor de la périurbanisation. Chargée d’objectiver l’existence de ce territoire métropolitain et les impératifs d’une gestion cohérente à cette échelle, l’OREAM élabore entre 1967 et 1970 le premier schéma directeur lyonnais, le Schéma Directeur de l’Aire Métropolitaine (SDAM). Celui-ci prévoit l’opération de la Part-Dieu, la construction du métro, la création de la ville nouvelle de l’Isle d’Abeau, le déplacement de l’aéroport lyonnais à Satolas, etc.

Afin de favoriser l’application des recommandations du SDAM, l’Etat crée en 1974 la « Conférence de la Région Urbaine de Lyon ». Sa création est l’objet d’un accord passé entre le délégué général de la DATAR, Jérôme Monod, et le maire de Lyon, Louis Pradel, président de la Communauté Urbaine. Cette structure, présidée par le Préfet de région, traduit la volonté de l’Etat de constituer un nouvel espace de coordination politique, qui pourrait par la suite être une instance d’intervention. Toutefois, cet effort de l’Etat pour imposer ce nouveau territoire de référence et certaines conceptions quant à son aménagement futur va se heurter à l’opposition du milieu politique et économique local. La Conférence de la Région Urbaine de Lyon est désactivée au début des années 1980. Cette démarche de planification métropolitaine aura eu néanmoins le mérite de poser pour la première fois la question de la « bonne échelle » du pilotage politique et économique de la métropole lyonnaise. La SDAM aura su également inspirer les grandes opérations d’urbanisme lyonnaises de la période 1966-1978.


Paul BOINO : Directeur de l’Institut d’urbanisme de Lyon – auteur d’une thèse sur l’intégration fonctionnelle des centres urbains périphériques dans la métropole lyonnaise – a dirigé les ouvrages « Lyon, la production de la ville » et « Intercommunalité : politique et territoire »


Pierre MALHIERE : Entré à la Communauté Urbaine début 1971 comme juriste de l’Atelier d’urbanisme («Secrétaire» de la coordination ATURCO-Aménagement urbain-service administratif communautaire) - A partir de 1974, «permanent» du Groupe Planification auprès du secrétaire général – crée le service des gestions déléguées en 1982 – directeur du Service des finances de 1983 jusqu’en 1990


Marie-Noëlle MILLE : Chargée d’études déplacements au sein de l’Atelier d’Urbanisme puis de l’agence d’urbanisme de la Communauté Urbaine de 1972 à 1994 – Chargée de mission au sein du groupe Aménagement-urbanisme du Centre d’Études sur les réseaux les transports l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) depuis 1994



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