Le temps où l’automobile était reine en ville



Publié dans l'épisode n°0 - L'agglomération avant la Communauté Urbaine le Vendredi 30 janvier 2009.
carte

Boulevard Vivier Merle à Lyon (© Agence d'urbanisme - Lyon)

Durant les années 1960, la foi dans la modernité, les bienfaits du rationalisme industriel, la nécessité de faire table rase du passé atteint son apogée. La pensée des urbanistes de l’époque est inspirée de la charte d’Athènes qui annonce la fin de la ville traditionnelle, avec son mélange d’activités et ses rues partagées entre divers usagers. L’espace urbain tend à être découpé en différentes zones, chacune d’elle devant accueillir un usage spécifique: habitat, industrie, commerce… Pour circuler rapidement entre ces différents lieux, la rue doit être réservée à l’automobile, véritable incarnation du progrès social qui souffle à l’époque.

Dans ce contexte, Lyon peut apparaître comme une sorte de laboratoire du modernisme urbain, promu notamment par le maire Louis Pradel qui rêve de bâtir “Los Angeles sur Rhône”. Les années 1960 marquent ainsi le lancement de plusieurs grands projets d’infrastructures (tunnel sous Fourvière, autoroutes urbaines…).


Témoignages de Franck SCHERRER et de Laurent SAUZAY : “La position de Louis Pradel par rapport à l’automobile est à la fois le reflet de l’époque et de sa proximité avec ce secteur d’activité”

Franck SCHERRER : directeur de l’Institut d’Urbanisme de Lyon, auteur d’une thèse sur le rôle de l’assainissement dans la construction politique de l’agglomération lyonnaise
Laurent SAUZAY : Chargé de mission au Syndicat mixte d’études et de programmation de l’agglomération lyonnaise (SEPAL) ; auteur d’une thèse sur la vie politique à Lyon sous Louis Pradel


Témoignage de Jean PELLETIER : “Le schéma de l’OREAM a été entièrement conçu à partir de l’automobile”

Jean PELLETIER : Agrégé de géographie ; Professeur de géographie à l’Université Lumière Lyon II de 1958 à 1994 ; Conseiller permanent auprès de l’Organisations d’Etudes d’Aménagement de l’Aire Métropolitaine lyonnaise (OREAM), de l’atelier d’urbanisme de la ville de Lyon (ATURVIL), de l’atelier d’urbanisme de la Communauté Urbaine (ATURCO), de l’agence d’urbanisme de Lyon, de la Communauté Urbaine de Lyon



Un commentaire pour “Le temps où l’automobile était reine en ville”

  1. Serge-S. DERDERIAN | Vendredi 30 janvier 2009 à 3:26

    La problématique résultant du devoir du politique dans cette forme de questionnement entre morale et politique me parait bien défini par le rappel de F. SCHERRER. Vos documents sont remarquables pour bien situer le cadre dans lequel les actions se déroulent. Les ancrages du schéma de l’OREAM sont également significatifs pour expliquer les limites des marges de manoeuvres offertes aux politiques.
    Tout ceci nous fait nous poser la question de la pérennité très relative de toutes décisions et nous invite, face à une forme d’humilité obligatoire, à accepter une certaine inclination à l’audace.
    Certes, l’automobile a été une forme de révolution culturelle qui a influencé nos vies, tout comme d’autres moyens aujourd’hui (informatique et moyens de télécommunications). Nous adaptons ces moyens et l’usage de ceux-ci en fonction des nuisances qu’ils génèrent ou qu’ils sont présumés pouvoir générer ainsi que des limites qu’ils rencontrent. Pour l’automobile, le signe fort qui nous est rappelé dans vos documents, fut l’abandon des autoroutes sur les berges de la Seine; c’est aujourd’hui la création des parkings à proximité des centres multi-modaux, la réflexion sur le péage urbain; pour la téléphonie, c’est le débat sur les antennes, etc.
    Avec le temps, ce qui était alternative à une époque devient nécessité plus avant; ce qui est une nécessité aujourd’hui nous fait réfléchir à ce qui sera l’alternative demain. Il est de l’urbanisme et de l’aménagement comme de la vie et il n’y a rien d’étonnant à cela puisqu’il s’agit à travers ces sciences, de tout mettre en oeuvre pour aider à vivre.

Laisser un commentaire