1998, le Grand Lyon affirme son soutien aux filières d’excellence de l’économie lyonnaise en relançant le Plan Technopole



Publié dans l'épisode n°13 - Le Grand Lyon s’invente « développeur économique » le Dimanche 1 janvier 2012.
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Le quartier de Gerland à la fin des années 1990 (© Agence d'urbanisme - Lyon)

Les premières actions entreprises par la Mission Développement Economique (MDE) et la Direction des Affaires Economiques et Internationales (DAEI) vont permettre au Grand Lyon de mieux comprendre les attentes des acteurs économiques concernant leur environnement physique et donc d’améliorer les réponses pouvant être apportées par l’institution communautaire au travers des grands projets d’infrastructures (Boulevard Périphérique Nord de Lyon, Métro, Cité Internationale, etc.), de l’aménagement de sites d’implantation et de l’action des services urbains (eau, propreté, voirie). Cette volonté de contribuer au développement économique de l’agglomération va devenir l’objectif prioritaire de l’institution communautaire avec l’arrivée de Raymond Barre à sa présidence en 1995. Sous son impulsion, le Grand Lyon réaffirme le diagnostic fondateur du premier Plan Technopole lancé en 1984 par l’ADERLY et la CCIL : l’innovation est devenue le nerf de la guerre économique et appelle une spécialisation accrue des entreprises et du tissu économique et un partenariat étroit des entreprises avec le monde de la recherche académique.

Endossant de nouveaux habits de « développeur économique » du territoire, la Communauté Urbaine va s’efforcer de donner un coup d’accélérateur à l’émergence de filières d’excellence locale et aux synergies entreprises-recherche en élaborant un nouveau Plan Technopole à partir de 1996. Pilotée par Jacques Moulinier, vice président du Grand Lyon chargé des grands équipements et des délocalisations, la démarche s’appuie sur la mise en place de 12 comités de pilotage réunissant 150 personnalités représentant les milieux de la recherche, de l’entreprise, de la finance ou institutionnels. En mai 1998, le « Plan d’Action pour une Métropole Technopolitaine » est approuvé. Il vise tout d’abord à valoriser le potentiel de recherche de la métropole par le recensement de ses centres de recherche, la promotion de ses savoirs et savoir-faire à l’extérieur, son ancrage dans des réseaux de recherche internationaux, la création d’activités et d’entreprises dans les nouvelles technologies. Le nouveau Plan Technopole entend également stimuler le développement de deux domaines d’activités jugés stratégiques : la santé avec les sciences et technologies du vivant d’une part et les nouvelles technologies d’information et de communication d’autre part. Enfin, l’ambition territoriale est amplifiée par rapport au premier Plan Technopole dans la mesure où ce sont désormais sept sites spécialisés dans l’accueil des activités technologiques qui sont retenus : Lyon-Centre, Gerland, la Doua, Rockefeller, Lyon-Ouest, Vaulx-en-Velin et Porte des Alpes.

La mise en œuvre de cette nouvelle ambition économique va donner lieu à une réorganisation des services économiques communautaires. La MDE quitte le Département Développement Urbain (DDU) pour rejoindre la DAEI qui est elle-même intégrée à la toute nouvelle Délégation Générale au Développement Economique et International (DGDEI) à laquelle est également incorporée la Direction des Affaires Foncières (DAF). Au côté des pôles « services urbains » et « développement urbain », le pôle « développement économique » incarne ainsi la volonté d’intégrer l’ensemble des leviers de la politique économique communautaire. Cheville ouvrière de l’accueil et de l’accompagnement des entreprises, de l’élaboration et de la mise en œuvre du nouveau Plan Technopole, de la conduite de certains volets de la promotion territoriale, de la production de l’information économique destinée à la décision politique (études des besoins des entreprises, veille conjoncturelle et prospective économiques, benchmarking, identification des filières d’excellence, évaluation de la politique économique), la DAEI se trouve ainsi considérablement renforcée à la fin des années 1990.



La volonté économique de Raymond Barre et ses implications

Jean-Louis MEYNET : Délégué général au développement économique et international du Grand Lyon de 1998 à 2007



La portée du second Plan Technopole

Jacques MOULINIER (1938-2010) : Fondateur et responsable de la revue « Lyon Forum » entre 1968 et 1978, qui traitait de la vie politique, culturelle et économique de Lyon ; Conseiller municipal de la ville de Lyon et Vice-président de la Communauté Urbaine de 1977 et 2001 (en charge successivement de l’urbanisme, des nouvelles technologies de communication, du développement économique et international, de la stratégie d’agglomération)


François PAYEBIEN : Chargé de mission Développement économique à la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement Rhône Alpes (DRIRE) de 1987 à 1993 - Chargé de mission Aménagement du territoire au Conseil Régional Rhône Alpes jusqu’en 1998 - Responsable de l’innovation puis directeur du marketing et de la stratégie économique au sein de la Direction des Affaires Économiques et Internationales (DAEI) jusqu’en 2009 - Directeur général adjoint en charge du développement économique et territorial à la Communauté d’Agglomération des Portes de l’Isère (CAPI) jusqu’en 2010 - Directeur de cabinet du président de la CAPI



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