1984-1986, l’ADERLY élabore un Plan d’Action Technopole, la Communauté Urbaine prend en charge l’aménagement du site de Gerland



Publié dans l'épisode n°13 - Le Grand Lyon s’invente « développeur économique » le Dimanche 1 janvier 2012.
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L'Ecole de Management située à Ecully (© Agence d'urbanisme - Lyon)

A partir des années 1980, les actions de promotion, de prospection, d’aménagement et d’équipement du territoire conduites par l’ADERLY vont apparaitre insuffisantes pour attirer et fidéliser les entreprises. Avec l’accélération de la mondialisation des échanges, le ralentissement des gains de productivité et l’évolution des comportements de consommation, la concurrence ne se joue plus seulement sur le terrain des couts de production (et donc des couts d’implantation), l’enjeu de l’innovation devenant progressivement son nouveau centre de gravité. Ceci va entrainer une véritable reformulation de la problématique du développement économique local. Il s’agit désormais d’aller au-delà de la constitution d’un environnement physique attractif pour les activités économiques pour s’intéresser aux ressorts proprement territoriaux de leur développement et notamment de leur capacité d’innovation. Il s’agit également d’infléchir les actions de prospection dans le sens non plus d’une diversification du tissu économique local mais d’une spécialisation dans des secteurs d’excellence.

La prise de conscience de l’importance de ces leviers « endogènes » du développement économique territorial va conduire l’ADERLY, et en particulier Jean Chemain son directeur, à proposer une nouvelle stratégie économique. Ce sera le Plan d’Action Technopolitain lancé en 1984. L’émergence du concept de « technopole » vise à affirmer un double objectif : créer les conditions d’un rapprochement entre les acteurs économiques et le monde de la recherche jugé propice à l’innovation ; mettre en scène les filières de l’économie lyonnaise présentant le potentiel de développement le plus important à l’avenir. Cette ambition va se concrétiser au travers de la thématisation, l’aménagement, l’animation et la promotion de trois sites à vocation technopolitaine dans l’agglomération : le quartier de Gerland à Lyon autour des biotechnologies, le campus de la Doua à Villeurbanne avec les sciences de l’ingénieur, et le pole Lyon-Ouest (Ecole Centrale, Ecole de Commerce, etc.) s’organise autour de sciences de l’ingénieur, du textile et de l’entrepreneuriat.

La mise en œuvre du Plan d’Action Technopole verra la participation de la Communauté Urbaine à l’aménagement du site de Gerland. Il s’agit là d’un moment fondateur de l’action communautaire en faveur du développement économique dans la mesure où cette dernière se limitait jusque-là au financement partiel du budget de l’ADERLY. Cette évolution fait suite aux élections municipales de 1983 durant lesquelles la crise économique fait irruption dans le débat public. Plusieurs communes de l’agglomération lyonnaise vont prendre différentes initiatives en la matière, au premier rang desquelles figure la ville de Lyon. Un nouveau poste d’adjoint chargé des affaires économiques est créé et confié à Michel Noir. Egalement vice-président de la Communauté Urbaine, Celui-ci va amorcer la formulation d’une vision politique du développement économique local au travers de la publication en 1984 du « Livre Blanc de l’économie lyonnaise » dans lequel sont notamment évoqués les enjeux de rayonnement international et régional de Lyon, de positionnement de l’économie lyonnaise sur des secteurs à haut niveau technologique. Michel Noir, qui sera par ailleurs Ministre du Commerce extérieur du gouvernement de Jacques Chirac de 1986 à 1988, va peser pour que la Communauté Urbaine prenne part aux actions de développement économique.

Cette volonté va prendre appui sur l’émergence d’une capacité de maitrise d’ouvrage communautaire en matière d’urbanisme. Les années 1980 verront en effet le lancement de la première opération d’aménagement urbain de grande envergure réalisée en régie directe par la Communauté Urbaine : le projet urbain de Gerland. Il s’agit de renouveler un vaste morceau de ville en le dotant d’une forte identité économique. Portée par le Vice-Président en charge de l’urbanisme, Jacques Moulinier, cette opération va permettre à la Communauté Urbaine de se familiariser avec les enjeux spécifiques des espaces à vocation économique.


Jean-Marc ROUMILHAC : Chargé de mission à la direction du commerce de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon (CCIL) de 1973 à 1980 – Responsable de la prospection France au sein de l’Agence de développement de la région lyonnaise (ADERLY) jusqu’en 2001 – Directeur général du GIP Mission ingénierie et prospectives Rhône-Alpes (Mipra)
Pierre-Yves TESSE : Chargé d’études à l’Organisations d’Etudes d’Aménagement de l’Aire Métropolitaine lyonnaise (OREAM) de 1966 à 1973 ; Chargé de mission à l’Agence de Développement Economique de la Région lyonnaise (ADERLY) de 1973 à 1990 ; Directeur de l’Animation Economique et de l’Aménagement à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon (CCI) de 1990 à 2006


Jean FREBAULT : Directeur de l’agence d’urbanisme de l’agglomération toulousaine de 1971 à 1978 – Directeur de l’Agence d’urbanisme de la communauté urbaine de Lyon de 1978 à 1988 –Directeur de l’Architecture et de l’Urbanisme au ministère de l’Équipement de 1989 à 1994 – Directeur de l’Etablissement public d’aménagement de la ville nouvelle de L’Isle-d’Abeau de 1994 à 1999 – Président de la 5ème section « Aménagement et environnement » au Conseil général des ponts et chaussées depuis 1999 – Président du Conseil de développement du Grand Lyon depuis 2006



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