Mise en service en totalité en 1992, l’A46 n’a pas résolue l’épineuse question des flux de transit



Publié dans l'épisode n°11 - La politique des déplacements le Mercredi 1 septembre 2010.
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L'A46 en chantier à Chassieu en 1982 (© Agence d'urbanisme - Lyon)

Au moment de son inauguration en 1971, le tunnel sous Fourvière apparait comme une opportunité aux yeux du maire de Lyon, Louis Pradel. Permettant au trafic de transit de passer en plein cœur de la capitale des Gaules, le tunnel offre en effet la possibilité d’une halte propice à la découverte de ses attributs touristiques et… commerciaux. Depuis, l’effet d’entrainement ne s’est pas manifesté de façon évidente et c’est plutôt le désagrément des bouchons et de la pollution qui s’est installé dans la mémoire des grands lyonnais comme de ceux qui ne font que passer. Tournant le dos aux illusions de l’autoroute dans la ville, les années 1980 vont faire de la préservation de l’agglomération des flux de transit un enjeu de premier ordre. Il en va de l’image de l’agglomération en France et en Europe comme de la qualité de vie des habitants.

Mise en service progressivement entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, l’autoroute A46, ou « contournement Est » apportera une première réponse. Une campagne de communication réalisée durant l’été 1991 laisse transparaitre une grande espérance : « fin 92, nous aurons fait sauter le bouchon de Fourvière ». Pour autant, si elle permet de relâcher quelque peu la pression sur Fourvière, la nouvelle infrastructure ne la fait pas disparaitre. Elle offre un nouvel exemple du principe selon lequel toute nouvelle infrastructure routière génère une demande de déplacement automobile supplémentaire. Ceci n’empêchera pas Michel Noir de poursuivre le combat en défendant le bouclage du boulevard périphérique lyonnais dont il lance le chantier du tronçon nord. Si elle a rencontré de multiples difficultés juridiques et financières lors de sa mise en service en 1997, cette nouvelle infrastructure a semble-t-il amélioré la liaison entre l’Est et l’Ouest de l’agglomération. En offrant une possibilité de contournement de sa partie centrale, le Trans Est-Ouest (TEO) a permis de soulager les secteurs de Vaise, des quais du Rhône, ou encore de l’avenue Berthelot depuis l’arrivée du tramway en 2001. Encore une fois, si elle détourne une partie du trafic empruntant jusque là le tunnel sous Fourvière, cette infrastructure n’apporte pas de solution véritable pour la gestion des grands flux transitant par la région lyonnaise.

Depuis les années 1960, une autre infrastructure majeure est envisagée pour assurer la mise à distance des flux de transit : le contournement ouest de Lyon (COL) ou A44. Il est censé relier l’A6 au niveau de Limonest à l’A7 un niveau de Vienne en passant par les monts du Lyonnais. Depuis les premières esquisses à aujourd’hui, le projet est un véritable serpent de mer. Il se heurte en effet à l’opposition résolue des communes traversées, à un cout de construction particulièrement élevé, ou encore à une utilité incertaine dans un contexte post-grenelle de l’environnement. Ce projet appartient-il au passé ? Est-il la solution définitive au bouchon de Fourvière ? Peut-être faudra-t-il attendre encore 40 ans pour avoir une réponse à ces questions…





Michel NOIR : Conseiller municipal de Lyon de 1977 à 1983 – Adjoint au maire de Lyon et vice-président de la Communauté Urbaine en charge des affaires économiques de 1983 à 1989 – Maire de Lyon et président de la Communauté Urbaine de 1989 à 1995





Bruno DUMETIER : participe à différents projets d’architecture sur l’agglomération lyonnaise dans les années 1980 et 1990 (réhabilitions de logements sociaux, université, immeubles de bureaux, bâtiments publics, etc.) – Architecte Conseil auprès de la communauté urbaine de Lyon pour le secteur du Franc Lyonnais (10 communes) de 1993 à 2003 – Membre du conseil d’administration du CAUE du Rhône depuis 1996 – Membre de la commission départementale des sites, perspectives et paysage du département du Rhône depuis 1999 – Architecte-Urbaniste en Chef du « Carré de Soie » à Villeurbanne et Vaulx-en-Velin - Directeur de l’agence d’architecture Dumetier Design (Lyon)





Christian MONTES : Maître de Conférences en géographie, urbanisme et aménagement à l’Université Lyon 2 – auteur d’une thèse sur la place des transports dans les politiques d’aménagement urbain dans l’agglomération lyonnaise de 1960 à 1992



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