Les années 1970 marquent le début du renouveau des transports en commun dans l’agglomération



Publié dans l'épisode n°11 - La politique des déplacements le Mercredi 1 septembre 2010.
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Les travaux de la ligne A du métro à Villeurbanne en 1975 (© Agence d'urbanisme - Lyon)

Les limites du « tout automobile » sont perceptibles dès la fin des années 1960. Avec la démocratisation de la voiture particulière, le développement des infrastructures routières et l’urbanisation accélérée de la périphérie de l’agglomération (ZUP et zones industrielles), la circulation automobile explose. Le risque d’une paralysie totale des centres-ville, notamment aux heures de pointe, se dessine à l’horizon. Par ailleurs, la perception de la finalité même des transports urbains évolue avec l’apparition du concept d’accessibilité. Ce concept va permettre de remettre en cause la primauté accordée à l’automobile dans la mesure où tous les habitants n’ont pas accès ce mode de déplacements. Enfin, cette remise en cause du dogme de l’essor ininterrompu de la voiture privée sera également renforcée par le premier choc pétrolier de 1973.

Dans ce contexte et suite au colloque organisé à Tours en 1970 par le ministère des transports sur le thème des « transports collectifs urbains », les transports en commun vont connaitre un regain d’intérêt. Il s’agit moins de remettre en cause la liberté de circulation de la voiture individuelle que d’assurer les conditions d’une circulation automobile fluide en ville. L’enjeu consiste bien à désengorger les centres-ville par le développement d’une offre alternative à l’automobile. Mais la tâche apparait particulièrement ardue à un moment où les transports en commun connaissent de grandes difficultés de fonctionnement. Alors que le chantier de la modernisation des réseaux pâtit des efforts réalisés par les pouvoirs publics dans les infrastructures automobiles, les transports en commun doivent faire face à l’augmentation régulière de leurs charges d’exploitation et à un trafic stagnant, voire en régression, du fait de l’essor automobile. Cette question financière sera en partie résolue par la création du Versement Transport (VT) en 1971. Taxe payée par les employeurs au profit du développement des transports collectifs, le VT va permettre un réel accroissement quantitatif et qualitatif des réseaux en région parisienne comme en province.

A Lyon, comme dans d’autres agglomérations, l’heure est au réinvestissement des réseaux de transports en commun. Celui-ci va s’exprimer de manière spectaculaire avec l’arrivée du métro. Explorée dès les années 1960 par René Waldmann, ingénieur des Ponts et Chaussées, l’idée d’un métro lyonnais se concrétisera dans les années 1970 grâce au lobbying acharné de la société civile lyonnaise auprès des élus locaux et au soutien financier de l’Etat, en particulier au moment des études préalables. Créée en 1968 pour concevoir et réaliser le projet de métro, la Société d’Etudes du Métropolitain de l’Agglomération Lyonnaise (SEMALY) va constituer le noyau autour duquel va se développer l’expertise locale en matière de transports en commun. Mis en service en 1978, le métro est immédiatement adopté par les lyonnais. La promotion des transports en commun passera également par le rachat de lignes privées par le Syndicat des Transports en Commun de la Région Lyonnaise (STCRL) et l’adoption d’un premier plan de circulation de la ville de Lyon en 1973 qui permettra la création de couloirs de bus en site propre.






La remise en cause du « tout automobile »

Christian MONTES : Maître de Conférences en géographie, urbanisme et aménagement à l’Université Lyon 2 – auteur d’une thèse sur la place des transports dans les politiques d’aménagement urbain dans l’agglomération lyonnaise de 1960 à 1992






L’arrivée du métro

René WALDMANN : ingénieur d’arrondissement à la division des transports au service ordinaire des Ponts et Chaussées de Lyon de 1957 à 1967 - Directeur de la Société d’économie mixte du métropolitain de l’agglomération lyonnaise (SEMALY) de sa création en 1967 à 1990 – Inspecteur régional des transports sur Rhône-Alpes et Auvergne de 1990 à 1995





Christian MONTES : Maître de Conférences en géographie, urbanisme et aménagement à l’Université Lyon 2 – auteur d’une thèse sur la place des transports dans les politiques d’aménagement urbain dans l’agglomération lyonnaise de 1960 à 1992






Le début de la gestion du trafic

Sébastien GARDON : Auteur d’une thèse sur les politiques de gestion de la circulation automobile dans les grandes villes française entre les années 1910 et les années 1960 – Post-doctorant au Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail UMR CNRS 6123 (Aix-en-Provence)





Christian MONTES : Maître de Conférences en géographie, urbanisme et aménagement à l’Université Lyon 2 – auteur d’une thèse sur la place des transports dans les politiques d’aménagement urbain dans l’agglomération lyonnaise de 1960 à 1992



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