Episode n°11: La mobilité dans la ville : du tout voiture au renouveau des modes de déplacement alternatifs



Publié dans l'épisode n°11 - La politique des déplacements le Mercredi 1 septembre 2010.

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La ligne de bus n°47, rue Garibaldi en 1979 (© Agence d'urbanisme - Lyon)

Les déplacements constituent un domaine d’intervention investi par la Communauté Urbaine à partir des années 1990. Une fois encore, les enjeux qu’il recouvre trouvent leurs racines dans la période des trente glorieuses qui a vu naitre l’institution communautaire. En effet, la vague automobile qui a déferlé sur l’agglomération lyonnaise dans les années 1960 et 1970 aura une influence profonde sur l’évolution des problématiques et politiques urbaines en matière de mobilité urbaine jusqu’à aujourd’hui. Et une fois encore, il semble que ce qui est apparu comme un progrès à un moment donné – les grands ensembles dans le domaine de l’habitat, l’essor de l’« automobilité » dans le cas présent – ait donné naissance à de nouveaux problèmes. En ouvrant large ses portes à la circulation automobile, l’agglomération s’est exposée au risque d’une paralysie totale de son centre.

La prise de conscience de cette menace grandissante va donner lieu au (re)développement de solutions de déplacement alternatives à l’automobile. Dans les années 1970, l’arrivée du métro va inaugurer, après une période de disette, le réinvestissement des transports en commun dans l’agglomération. La décennie suivante orchestre la décentralisation de la gestion des transports en commun et, plus généralement, de la définition d’une politique globale des déplacements urbains. Mais cette dernière ne va pas de soi, et c’est bien pour la faire progresser que la Communauté Urbaine de Lyon se dote en 1990 d’une mission déplacement. C’est toutefois au Syndicat Mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise (Sytral) que reviendra la responsabilité de l’élaboration du premier Plan de Déplacements Urbains (PDU) de l’agglomération entre 1995 et 1997. S’il fait la part belle aux transports en commun, ce dernier fait cependant tomber le tabou de l’automobile dans la ville. En faisant le choix de la réintroduction du tramway, il affirme l’idée que les voiries d’agglomération ne sont plus la chasse gardée de la voiture. Cette évolution fait écho avec la mise en service totale de l’A46 au début des années 1990 : en écartant les trafics de transit de l’agglomération, elle tourne le dos à l’héritage de l’autoroute dans la ville. Les années 2000 consolident les orientations prises jusque là tout en nuançant la priorité donnée aux transports en commun. D’autres modes de déplacements alternatifs – vélos, marche à pied, covoiturage, auto-partage – font désormais l’objet de politique de développement volontaristes.

C’est finalement la contribution des politiques de déplacements à l’édification d’une ville plus durable qui se trouve interrogée. Au vu de l’ampleur des enjeux de développement économique, d’égalité des chances et de préservation de l’environnement qu’elle soulève, la question de la mobilité urbaine constitue une dimension fondamentale de la définition de principes d’urbanisme durables.


Avec les témoignages vidéos de :

Jean-Charles CASTEL, Bruno CHARLES, Fabienne CRESCI, Catherine DAVID, Bruno DUMETIER, Sébastien GARDON, François GINDRE, Olivier LEDRU, Marie-Noëlle MILLE, Christian MONTES, Michel NOIR, Christian PHILIP, Valérie PHILIPPON-BERANGER, Jean-Claude QUEVREUX, Patricia VARNAISON-REVOLLE, Gilles VESCO, Michèle VULLIEN, René WALDMANN


Au sommaire de cet épisode :

  • Dans le modernisme triomphant des trente glorieuses, l’agglomération lyonnaise doit s’adapter à l’automobile (voir les vidéos)
  • Les années 1970 marquent le début du renouveau des transports en commun (voir les vidéos)
  • 1985-1990, de la création du SYTRAL à la celle de la mission Déplacements de la Communauté Urbaine : la prise en main locale de la gestion des déplacements dans l’agglomération (voir les vidéos)
  • Mise en service en totalité en 1992, l’A46 n’a pas résolue au l’épineuse question des flux de transit (voir les vidéos)
  • 1995-1997, l’élaboration du premier Plan de Déplacements Urbain (PDU) de l’agglomération lyonnaise : priorité donnée à la réduction de la part modale de la voiture (voir les vidéos)
  • 2001, le retour du tramway opère une rupture dans le partage de la voirie (voir les vidéos)
  • 2002-2005, la révision du PDU sort du tropisme pour les transports en commun (voir les vidéos)
  • 2005-2006, le lancement du projet de Réseau Express de l’Aire métropolitaine Lyonnaise (REAL) et la nouvelle enquête ménages-déplacements font des déplacements un enjeu métropolitain (voir les vidéos)
  • Les années 2000 promeuvent d’autres modes alternatifs à la voiture individuelle : Vélo’v, autolib, covoiturage.com (voir les vidéos)
  • Un levier de la ville durable : mieux articuler politique de déplacements et politique d’urbanisation (voir les vidéos)
  • Quelles perspectives pour la politique des déplacements à l’avenir ? (voir les vidéos)
  • Au prochain épisode


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