Gerland (1982-) : laboratoire du renouvellement de la ville sur elle-même



Publié dans l'épisode n°7 - Les grands projets urbains le Lundi 28 décembre 2009.

Le quartier de Gerland, aussi appelé La Mouche, est marqué par un processus d’urbanisation discontinu, avec des périodes d’accélération et de stagnation. Inondable et marécageux, il reste faiblement peuplé durant le 19ème siècle. L’embryon d’industrie qu’il accueille ne suffit pas à faire oublier son caractère essentiellement agricole. Plusieurs aménagements vont marquer la naissance véritable du quartier au début du 20ème siècle : le percement de l’avenue Jean Jaurès (1908), la construction des abattoirs (1908), de la grande halle (1914), du stade (1920) et du pont Pasteur (1923). Il faut cependant attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour voir la construction complète d’une digue le long du Rhône, tandis que la partie sud du quartier est occupée par des bidonvilles jusque dans les années 1950. Les années 1960 et le début des années 1970 voient la construction du palais des sports et de la piscine de Gerland ainsi que la création de nombreux ensembles résidentiels, notamment entre le pont Pasteur et le quartier Général Frère. A la fin des années 1970, Gerland n’apparait par encore comme un quartier de Lyon à part entière. Sa dimension industrielle décline avec le départ de nombreuses activités industrielles, mais la suppression des bidonvilles n’a pas effacé l’image négative du site qui reste coupé du reste de la ville. C’est alors que la Communauté Urbaine de Lyon va prendre en main le destin de Gerland pour en faire un quartier pilote de l’extensif du centre-ville.

Au début des années 1980, l’institution communautaire va lancer un grand projet urbain sur le quartier de Gerland en affirmant une nouvelle vision du développement urbain. Alors que la pensée moderniste a montré ses limites et que l’étalement urbain menace le cœur même de la ville, il s’agit désormais d’engager un processus de renouvellement urbain afin de donner une nouvelle vie à des espaces situés à proximité du centre de l’agglomération mais en perte d’attractivité. Pilotée en régie directe jusqu’à la fin des années 1980, le projet de Gerland présente un caractère composite. Il assemble une multitude de « petits projets » de nature et d’ampleur diverses, conjuguant l’ordinaire et l’exceptionnel, l’économique et le résidentiel, l’évènementiel et les espaces verts. Plusieurs opérations phares vont servir de vitrine au projet : le siège social de Mérieux (1984), le parc des berges du Rhône (dont la première phase date de 1985), l’ENS sciences (1987), la cité scolaire internationale (1992), l’ENS LSH (2000), etc.

Lancée en 2004, la réalisation de la Zone d’Aménagement Concertée du Bon Lait (ou ZAC du Bon Lait) témoigne de la poursuite du développement de Gerland. Elle a pour objectif de générer une nouvelle centralité dans le secteur nord du quartier en proposant un offre mixte de logements, commerces, bureaux et services, agrémentée de nouveaux espaces verts.



Le projet de Gerland dans les années 1980-1990

François BREGNAC : Chargé d’études à l’Agence d’urbanisme de Lyon de 1979 à 1990 – Responsable du département Environnement et projet urbain de 1990 à 1996 – Directeur scientifique en 1996 – Directeur général de 1997 à 2001 – Directeur général adjoint depuis 2001





Michel RIVOIRE : Ingénieur-Urbaniste de l’Etat de 1971 à 1981 (Centre d’Etudes Techniques de l’Etat de l’Isle d’Abeau, Service d’études et d’aménagement de la montagne à Chambéry, direction de l’équipement de l’Ain, Service de l’urbanisme à Paris) – Responsable des opérations d’urbanisme (régie directe et opérations conventionnées) à la Communauté Urbaine de Lyon de 1981 à 1984 – Directeur du Département Développement de 1984 à 1989 – crée et prend la direction de l’Agence régionale d’aménagement et de développement (TRACES) du Conseil Régional Rhône-Alpes de 1989 à 1994 – crée et prend la direction du GIP Transalpes chargé des premières études du TGV Lyon-Turin de 1994 à 2001 – Directeur du technopôle Savoie-Technolac de Chambéry de 2001 à 2002





Nicole SIBEUD : entre à la Communauté Urbaine en 1980 - Chargée de mission au sein de la Direction des Finances jusqu’en 1981 – Responsable du suivi des opérations concédées au sein de la Mission Gerland de 1981 à 1984 – Responsable du Service des Activités Economiques et Concessions au sein du Département Développement Urbain de 1984 à 1990 – Responsable de la Mission Développement Economique au sein du Département Développement Urbain de 1990 à 1998 – Responsable de la Mission Animation Territoriale au sein de la Direction des Affaires Economiques et Internationales de 1998 à 2000 – Directeur-adjoint de la Direction des Affaires Economiques et Internationales de 2000 à 2003 – Directrice du Foncier et de l’Immobilier au sein de la Délégation Générale au Développement Economique et Internationale depuis 2003



Le projet de Gerland aujourd’hui et demain

Albert CONSTANTIN : Concepteur de plusieurs réalisations et restructurations architecturales d’envergure sur l’agglomération lyonnaise (tour Incity, stade de Gerland, halle Tony Garnier, manufacture de tabacs, etc.) - Directeur de l’agence d’architecture Atelier de la Rize (Lyon)





François GRETHER : Architecte-urbaniste au sein de services publics de 1968 à 1992 – Crée son agence d’architecture en 1992 – Urbaniste en chef avec Michel Desvigne du projet Lyon Confluence depuis 2000 – Directeur de l’agence d’architecture François Grether



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