Objet d’un important clivage au départ, la Communauté Urbaine est prise en main par la ville centre



Publié dans l'épisode n°1 - La création de la Communauté Urbaine le Vendredi 30 janvier 2009.
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L'assemblée communautaire au Palais de la Foire

Craignant le volontarisme de l’Etat, une grande partie des élus de l’agglomération s’oppose vivement au projet de Communauté Urbaine. Ils expriment trois motifs d’inquiétude :
- une perte d’autonomie des communes périphériques : peur d’être absorbées par les villes centres Lyon et Villeurbanne, peur que les conseils municipaux perdent du pouvoir
- l’hypothèse de la nomination par l’Etat d’un haut fonctionnaire à la tête du futur établissement public
- un nombre de sièges communautaires qui ne permet pas la représentation directe des petites communes dans le projet initial

La mise en place de la Communauté Urbaine sera ainsi soumise aux soubresauts du lobbying des différentes communes pour ne pas faire partie… ou faire partie de la nouvelle institution. L’attitude de Lyon et Villeurbanne notamment jouera un rôle important, celles-ci percevant clairement le bénéfice qu’elles pouvaient tirer d’une institution au sein de laquelle elles allaient être surreprésentées. Ces tergiversations vont conduire à la délimitation d’un territoire communautaire présentant des contours pour le moins surprenants.



Témoignage de Bruno POLGA : “Il existait un réel clivage entre les communes pour et les communes contre”

Bruno POLGA : 1er adjoint au Maire de Saint-Priest de 1977 à 1983, Maire de Saint-Priest de 1983 à 2003, Conseiller communautaire de 1983 à 2008, Vice-président de la Communauté Urbaine de 1995 à 2008 (en charge successivement de l’eau et de l’assainissement, de l’habitat, de la propreté)


Témoignages de Franck SCHERRER

Franck SCHERRER : directeur de l’Institut d’Urbanisme de Lyon, auteur d’une thèse sur le rôle de l’assainissement dans la construction politique de l’agglomération lyonnaise



Témoignage d’André GERIN : “Vénissieux s’est longtemps opposée à l’existence de la Communauté Urbaine”

André GERIN : Maire de Vénissieux depuis 1985 ; Conseiller communautaire de 1985 à 2007 ; Vice-président de la Communauté urbaine de 2001 à 2006 (en charge de la sécurité et de la tranquillité publique)



Témoignages de Laurent SAUZAY et Pierre-Yves TESSE : “Louis Pradel a gonflé les chiffres du recensement pour s’assurer la majorité des voix au sein de l’assemblée communautaire”

Laurent SAUZAY : Chargé de mission au Syndicat mixte d’études et de programmation de l’agglomération lyonnaise (SEPAL) ; auteur d’une thèse sur la vie politique à Lyon sous Louis Pradel
Pierre-Yves TESSE : Chargé d’études à l’Organisations d’Etudes d’Aménagement de l’Aire Métropolitaine lyonnaise (OREAM) de 1966 à 1973 ; Chargé de mission à l’Agence de Développement Economique de la Région lyonnaise (ADERLY) de 1973 à 1990 ; Directeur de l’Animation Economique et de l’Aménagement à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon (CCI) de 1990 à 2006



Témoignage de Jean PELLETIER : “Le périmètre de la Communauté Urbaine présente des contours assez curieux”

Jean PELLETIER : Agrégé de géographie ; Professeur de géographie à l’Université Lumière Lyon II de 1958 à 1994 ; Conseiller permanent auprès de l’Organisations d’Etudes d’Aménagement de l’Aire Métropolitaine lyonnaise (OREAM), de l’atelier d’urbanisme de la ville de Lyon (ATURVIL), de l’atelier d’urbanisme de la Communauté Urbaine (ATURCO), de l’agence d’urbanisme de Lyon, de la Communauté Urbaine de Lyon


Témoignages d’Etienne GAGNAIRE et Henri MEULET : “Les problèmes de fonctionnement et les difficultés financières”

Source : Images d’archives réalisées par la Compagnie lyonnaise de Cinema/Les films du plateau pour les services des relations extérieures de la Courly.

Etienne GAGNAIRE : adjoint au maire de Villeurbanne de 1947 à 1953, premier adjoint de 1953 à juin 1954, élu maire le 20 juin 1954 il le reste jusqu’en 1977.
Henri MEULET : Secrétaire Général de la COURLY en 1969


Séance inaugurale de la communauté urbaine de Lyon (1968)



Un commentaire pour “Objet d’un important clivage au départ, la Communauté Urbaine est prise en main par la ville centre”

  1. Serge-S. DERDERIAN | Vendredi 30 janvier 2009 à 0:41

    De nombreuses sources de différences devaient être respectées et comprises, pour apprendre à travailler ensemble.
    Or, l’importance sans nombre des différences et nuances territoriales permettaient à chacun de leurs représentants de détenir un pouvoir légitime que leur vie de militant leur avait permis tenir. Bruno POLGA exprime très clairement la crainte du maire de perdre du pouvoir. C’est bien compréhensible: un militant vise, par une forme d’opportunisme allié à une capacité d’adaptation, la prise du pouvoir et il faut reconnaître qu’au moment où celui-ci est détenu, nul d’entre eux n’a envie de le laisser à quelqu’un d’autre sous prétexte d’une loi décrétée par un organe apparemment éloigné de ses terres. Il a pourtant fallu faire car, cette redistribution du pouvoir était une obligation imposée par l’Etat; Laurent SAUZAY l’a rappelé: “c’était une loi”.
    Chacun a résisté à sa manière, avec les moyens dont il disposait: en fonction de sa personnalité, de sa position géographique, de ses moyens financiers, sa capacité à interpréter les0 règles définies par l’Etat.
    Il serait intéressant de voir, à postériori, ce que l’action de la Communauté Urbaine a pu apporter aux communes qui étaient opposées dès le départ par rapport à celles qui étaient plus portées, dès le départ, à travailler ensemble; par ailleurs, comment ont évolué les communes rurales qui étaient plutôt sans opinion. Comment, au fur et à mesure de la compétence reconnue de la Communauté, certaines communes ont put évoluer? et ce, tant au niveau de la perception qu’elles pouvaient avoir de cette forme d’organisation intercommunautaire, que des élus qui ont pu être choisis par les citoyens qui les composaient.

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