Les ressorts de la décision de l’Etat de créer la Communauté Urbaine



Publié dans l'épisode n°1 - La création de la Communauté Urbaine le Vendredi 30 janvier 2009.
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L'installation du Conseil de Communauté

Au tournant des années 1960, l’Etat va s’affirmer comme le prescripteur et l’organisateur d’un intérêt général qui ne peut être pensé qu’à l’échelle de la nation. Le contexte d’expansion urbaine et industrielle constituera le terrain d’action de la volonté de réforme, de régulation et d’aménagement de l’Etat. Dans ce cadre, l’Etat lance en 1964 sa politique des « métropoles d’équilibre » qui vise à la fois le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale grâce à l’amélioration de l’environnement spatial des entreprises (aménagement, équipements, infrastructures) et une meilleure répartition de la croissance et du développement économique sur le territoire (inflexion de la centralisation économique parisienne).

Pour mieux relayer sa politique au niveau local, l’Etat souhaite disposer d’un interlocuteur unique à l’échelle des grandes agglomérations. Or, la formule de coopération intercommunale qu’il propose à ces dernières – le district urbain – se révèle être un échec : seul le quart des 41 agglomérations de plus de 100 000 habitants l’a adopté. Ceci conduit l’Etat à imposer, par la loi du 31 décembre 1966 relatives aux communautés urbaines, la mise en place d’une nouvelle forme d’intercommunalité dans six grandes agglomérations françaises.



Témoignages de Pierre MALHIERE

Pierre MALHIERE : Entré à la Communauté Urbaine début 1971 comme juriste de l’Atelier d’urbanisme («Secrétaire» de la coordination ATURCO-Aménagement urbain-service administratif communautaire) - A partir de 1974, «permanent» du Groupe Planification auprès du secrétaire général – crée le service des gestions déléguées en 1982 – directeur du Service des finances de 1983 jusqu’en 1990



Témoignage d’André GERIN : “La création de la Communauté Urbaine est inséparable de la volonté centralisatrice du pouvoir d’Etat”

André GERIN : Maire de Vénissieux depuis 1985 ; Conseiller communautaire de 1985 à 2007 ; Vice-président de la Communauté urbaine de 2001 à 2006 (en charge de la sécurité et de la tranquillité publique)



Témoignage de Bernard JOUVE : “L’Etat va remodeler le paysage institutionnel pour relayer le plus efficacement possible sa politique d’aménagement”

Bernard JOUVE (1965-2009) : Directeur du Laboratoire de Recherches Interdisciplinaires Ville, Espace, Société (R.I.V.E.S.) de l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE) ; Coordonnateur de la Chaire UNESCO « Politiques urbaines et citoyenneté »
Hommage de l’Association Française de Science Politique



Témoignage de Franck SCHERRER : “Le contexte politique lyonnais était suffisamment mûr pour que l’Etat mette en place la Communauté Urbaine”

Franck SCHERRER : directeur de l’Institut d’Urbanisme de Lyon, auteur d’une thèse sur le rôle de l’assainissement dans la construction politique de l’agglomération lyonnaise


Premières images de l’assemblée communautaire et présentation de la Courly

Source : Images d’archives réalisées par la Compagnie lyonnaise de Cinema/Les films du plateau pour les services des relations extérieures de la Courly.




Un commentaire pour “Les ressorts de la décision de l’Etat de créer la Communauté Urbaine”

  1. Serge-S. DERDERIAN | Vendredi 30 janvier 2009 à 1:03

    C’est la résistance à l’intérêt général qui a conduit l’Etat à se doter d’outils qui lui permettaient d’avoir les moyens de sa politique d’aménagement.
    Ce qui peut être vécu comme une mise en cause de la souveraineté populaire est, pour moi, identifiable par certains endroits au sentiment de violation de liberté que certaines personnes expropriées peuvent ressentir ensuite d’une procédure de Déclaration d’Utilité Publique.
    Toutefois, comme le fait fort justement remarquer F. SCHERRER, les décisions de l’Etat de décréter l’acte fondateur de certaines Communautés Urbaines n’ont été prises qu’à partir du moment où les terrains étaient jugés suffisamment bien préparés. Il en est sensiblement de même pour le déclenchement actif de la DUP, sauf que la concertation parait plus évidente. Ce n’est à mon sens qu’une vision superficielle, conséquence d’une impression d’analyse qui reste plus proche du terrain, avec des enquêtes impliquant les citoyens de manière plus personnelles. Dès lors, les concitoyens vivent cette impression que ce sont leurs élus qui prennent ces décisions, même si les raisons qui ont pu provoquer ces contraintes viennent d’instances départementales, régionales ou nationales.
    Dans le cas des Communautés Urbaines, c’est l’Etat qui contraint des élus à travailler ensemble. Toutefois, je ne trouve pas qu’il y ait d’ingérence car la division très claire du travail et des taches entre l’Etat et les collectivités locales existe. C’était vraiment la promotion d’une gestion solidaire et une conception rationnelle du défi urbain dont nous ne pouvons que nous féliciter.

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