Il n’y a pas de consensus suffisant pour mettre en place une coopération intercommunale renforcée



Publié dans l'épisode n°1 - La création de la Communauté Urbaine le Vendredi 30 janvier 2009.

Alors qu’en 1959 l’Etat met à disposition des communes de nouveaux outils de coopération intercommunale – les syndicats à vocation multiple et les districts – les collectivités de l’agglomération lyonnaise ne parviennent pas à s’entendre sur la création d’une entité dotée d’une capacité d’action plus large et plus intégrée. Le projet de district urbain porté par Louis Pradel et le Préfet du Rhône rencontre ainsi l’intérêt mais aussi la frilosité d’une majorité des communes de l’agglomération.

Autrement dit, avec les syndicats intercommunaux, l’intérêt des communes pour l’échelle d’agglomération existe mais demeure insuffisant. La conscience d’agglomération est entravée par les différences sociales et culturelles qui caractérisent l’agglomération, par les récurrences historiques de l’impérialisme de Lyon vis-à-vis de ses voisines, mais simplement aussi par l’attachement des élus à leur pouvoir communal.



Témoignages de Jean PELLETIER

Jean PELLETIER : Agrégé de géographie ; Professeur de géographie à l’Université Lumière Lyon II de 1958 à 1994 ; Conseiller permanent auprès de l’Organisations d’Etudes d’Aménagement de l’Aire Métropolitaine lyonnaise (OREAM), de l’atelier d’urbanisme de la ville de Lyon (ATURVIL), de l’atelier d’urbanisme de la Communauté Urbaine (ATURCO), de l’agence d’urbanisme de Lyon, de la Communauté Urbaine de Lyon


Témoignages de Pierre-Yves TESSE et Laurent SAUZAY : “Louis Pradel n’avait pas de vision d’agglomération”

Pierre-Yves TESSE : Chargé d’études à l’Organisations d’Etudes d’Aménagement de l’Aire Métropolitaine lyonnaise (OREAM) de 1966 à 1973 ; Chargé de mission à l’Agence de Développement Economique de la Région lyonnaise (ADERLY) de 1973 à 1990 ; Directeur de l’Animation Economique et de l’Aménagement à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon (CCI) de 1990 à 2006
Laurent SAUZAY : Chargé de mission au Syndicat mixte d’études et de programmation de l’agglomération lyonnaise (SEPAL) ; auteur d’une thèse sur la vie politique à Lyon sous Louis Pradel



Témoignage de Franck SCHERRER : “L’échec du projet de district urbain de 1959 ne doit pas cacher l’habitude de coopération qui s’est installée “

Franck SCHERRER : directeur de l’Institut d’Urbanisme de Lyon, auteur d’une thèse sur le rôle de l’assainissement dans la construction politique de l’agglomération lyonnaise



Un commentaire pour “Il n’y a pas de consensus suffisant pour mettre en place une coopération intercommunale renforcée”

  1. Serge-S. DERDERIAN | Vendredi 30 janvier 2009 à 23:51

    Décidément, l’histoire et le respect de fonctionnement de l’être humain nous porte à comprendre bien des choses.

    Les différences de traditions historiques trouvent souvent leur origine à partir de l’existence de frontières naturelles: une vallée, un fleuve, un confluent, une chaîne montagneuse, etc.) Certaines études viendraient même à démontrer que l’inclination naturelle des habitants qui, sur une vallée, voient le soleil se lever, auraient un tempérament plus enjoué que ceux qui jouissent de la vue du soleil couchant, lesquels seraient plus enclins à la mélancolie et à la rêverie.
    Le jeu des hommes qui souhaitaient repousser la frontière des territoires qu’ils ont sous leur autorité déforme ces tracés naturels. C’est à ces moments qu’apparaissent les différences d’intérêts.
    Ainsi, il est possible de trouver une population composée d’individus ou de groupes d’individus ayant un intérêt commun mais qui, à l’intérieur même de l’ensemble qu’elle constitue, laisse apparaître des traditions différentes.
    Monsieur Pelletier a parlé des différences apparemment étonnantes entre les constructions permises à l’Est de Lyon (ancien Dauphiné) et à l’Ouest. Les matériaux disponibles sur place ne sont pas les mêmes… et l’homme recherche naturellement l’économie de moyens.
    J’ai eu l’occasion de constater, dans une tout autre région, que la réhabilitation du secteur sauvegardé de la ville du Puy-en-Velay utilisait pour les façades des enduits qui évoquaient les couleurs provençales. Or, les Ponots ont un fond d’accent du midi; ils utilisait la langue d’Oc…

    Pour revenir sur l’histoire de cette mise en place de la coopération intercommunale lyonnaise, c’est après une période où les communes ont accepté de laisser chacun mener à sa guise sa politique de développement qu’une vision d’agglomération a pu prendre naissance. Dit d’une autre manière, c’est à partir de l’instant où les communes se sont considérée mutuellement libres, après qu’elles se soient mutuellement interdites de s’ingérer dans les affaires des autres, qu’est née entre elles une forme de respect mutuel permettant le dialogue, l’échange d’idées, la naissance de quelques volontés communes, la mise en place lente des premiers syndicats intercommunaux. Aujourd’hui, notre héritage est la COURLY, le Grand Lyon, la Région Urbaine de Lyon, la vision métropolitaine…

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